Compréhension du texte

Marions-les

Public

Cycle II (à partir de 5 ans)

Thèmes

Amour, différence, absurde, mariage, humour

Résumé

Un lapin élégant et toujours célibataire tombe amoureux d’une carotte. Mais, cette dernière est naturellement effrayée à l’idée qu’il la mange. Par amour, le lapin se fait donc retirer ses grandes dents ; ce geste fait fondre le cœur de la carotte qui accepte de l’épouser. Leur bonheur sera de courte durée, car le renard s’en mêle...

L’auteur

Né en 1961, Éric Sanvoisin a commencé à écrire vers l’âge de 10 ans. Avec plus de 70 ouvrages pour les enfants et les adolescents publiés par différents éditeurs, il est devenu un auteur jeunesse particulièrement prolifique. Il est aussi bibliothécaire en Bretagne (Saint-Brieuc).

Avant la
lecture

Laisser les élèves observer la couverture pour qu’ils repèrent les informations essentielles (titre, auteur, éditeur) et la quatrième de couverture.
Combien y a-t-il de personnages sur la couverture ? Les enfants peuvent-ils les décrire ? (Figurent nos deux héros, le lapin et la carotte, ainsi que les deux petits personnages qui vont venir commenter le récit à chaque page : il s’agit d’un ver de terre et d’une araignée.) Que font les différents personnages ? Quelle est leur attitude ? (Le lapin enlace la carotte et ferme les yeux tandis qu’il s’approche d’elle. La carotte, elle, semble totalement effrayée. Le ver et l’araignée, aux premières loges de ce spectacle, semblent captivés par la scène. Que va-t-il se passer ? Notre lapin va-t-il donner un baiser à la carotte ou la dévorer ? La quatrième de couverture donne de précieux indices aux enfants sur la suite des événements.)

Dans ce texte drôle et très rythmé, qui semble a priori présenter tous les aspects du conte classique, Éric Sanvoisin donne vie à des personnages emblématiques de la littérature enfantine qui permettent d’aborder des thèmes comme la rencontre, la différence, l’acceptation de l’autre ou encore l’amour. Il détourne habilement certains codes, fait appel à un procédé de double narration et use et abuse des jeux de mots ; autant de qualités qui confèrent à l’album une vraie originalité. Les illustrations de Delphine Jacquot apportent par ailleurs une identité graphique affirmée à l’ensemble.

Jeux/activités
(à adapter en fonction de l’âge et de l’intérêt des enfants)

- Les deux niveaux de narration constituent en partie la richesse de l’album. Par ailleurs, le ver de terre et l’araignée apportent beaucoup d’humour au récit : il repose sur le décalage de leurs dialogues (qu’on pourrait facilement prêter à des humains), leur côté absurde, mais aussi sur de nombreux jeux de mots. Les enfants peuvent-ils les relever ? (On peut citer « la carotte de course » qui s’oppose à la « carotte ordinaire », le fait que la carotte soit « tombée sur un pépin » quand elle tombe dans les pommes, la définition du lapin végétarien, la définition d’un lapin édenté, la « cœurotte », la carotte « belle à râper » en mariée, le caractère « nœud nœud » de cette histoire, le renard qui « se fait poser un lapin », etc.)

- Sur la dernière illustration, on peut voir les enfants de la carotte et du lapin : les enfants peuvent-ils en imaginer une autre version ? On peut aussi leur demander de dessiner ce que donneraient les enfants d’un autre couple improbable, composé d’un animal et d’un légume de leur choix. Pourquoi ne pas mettre en scène le personnage du dentiste-morse de Delphine Jacquot ou celui du renard, par exemple ?

- Il est plusieurs fois fait référence à Roméo et Juliette dans le récit, les enfants connaissent-ils cette œuvre ? On peut leur présenter et les amener à trouver les thèmes communs entre les deux histoires.

- Le lapin et le renard sont des personnages classiques de la culture populaire enfantine, les enfants peuvent-ils citer d’autres œuvres dans lesquelles ils apparaissent ? (Livres, chansons, fables, etc.) Ont-ils un rôle différent (adjuvant/opposant) ? S’ils sont intéressés, on peut aller plus loin et aborder la symbolique de ces animaux dans les différentes cultures.

Quels personnages apparaissent sur la première page ? De quoi discutent-ils ?

On voit le ver de terre et l’araignée qui s’apprêtent à lire Marions-les ! grâce à un procédé de mise en abyme. Ils se chamaillent à propos du thème du livre.

Par quelle phrase commence l’histoire ? Qu’est-ce que cela nous indique ?

Comme mentionné par nos deux compères à la première page, la formule « Il était une fois » est en général associée aux contes de fées. On va donc logiquement s’attendre à une histoire assez classique. Ce sentiment est par ailleurs renforcé par la présence du lapin, personnage bien connu de la littérature jeunesse.

Comment est décrit notre lapin ?

« Coquet. Élégant. Chic ! » Et surtout, « pas classique pour un sou » : on comprend ici qu’on ne va donc pas avoir affaire à un conte traditionnel, que les codes vont être détournés.

Quel autre aspect important vient nous le signaler ?

La double narration du ver et de l’araignée, qui vont intervenir à grand renfort de jeux de mots tout au long de l’histoire. Il est important de s’assurer dès le départ que les enfants ont bien intégré ce processus.

À quoi ressemble l’intérieur de notre héros ? Que fait-il ?

Très chic et raffiné, à son image. On voit un phonographe, des portraits au mur, de jolis meubles. Il est en train de lire Roméo et Juliette : une histoire d’amour…

Qu’apprend-on sur la situation personnelle du lapin ?

Il est célibataire mais souhaite se marier. A priori, il n’a jamais trouvé d’épouse car il semble exigeant.

Quel personnage intervient ensuite et comment est-il décrit ?

La carotte entre en scène. Elle est décrite comme peureuse, paranoïaque : la nuit, elle rêve constamment qu’un lapin la grignote et craint même son ombre.

Où vit-elle ?

Dans une vieille souche équipée d’une sortie de secours en cas d’attaque de lapin !

Comment se passe la rencontre du lapin et de la carotte ?

Elle est verte de peur, à tel point qu’elle en tombe dans les pommes. Le lapin a pourtant essayé de la rassurer : il est végétarien.

Comment réagit le lapin ?

Il est confus et s’en veut de l’avoir effrayée. Comme il s’approche d’elle pour l’aider, il tombe sous son charme.

Que se passe-t-il ensuite ?

Il l’embrasse et lui avoue son amour mais elle revient à elle et s’enfuit, toujours apeurée.

Que décide de faire le lapin ?

Il lui court après, lui déclarant qu’il ne peut pas vivre sans elle. Mais elle ne veut rien entendre, terrorisée par ses grandes dents. Ce dernier finit donc par s’arrêter, épuisé.

À quel geste désespéré se résout notre ami ?

Par amour, il décide de se rendre chez le dentiste pour se faire enlever ses grandes dents de devant. Avant de retourner voir la carotte.

La carotte se révèle-t-elle sensible à cette démarche ?

D’abord méfiante, elle constate ensuite que quelque chose a changé chez le lapin : elle n’a plus peur de lui ! On peut voir sur l’illustration qu’il lui présente ses deux dents dans un écrin, comme une alliance, puis il lui demande si elle veut l’épouser. La carotte « sent [alors] son cœur fondre ».

Accepte-t-elle la proposition du lapin ?

Oui, elle souhaite l’épouser et le lapin est tellement ému qu’il s’évanouit à son tour. Elle se penche alors sur lui pour le couvrir de baisers.

De quoi se compose la tenue de mariée de notre carotte ?

D’une robe en feuille de chou, d’une traîne en piment rouge, d’une fleur de courgette, de boucles d’oreilles et d’un collier en grains de maïs.

Et celle du lapin ?

Comme à son habitude, il apparaît très élégant : il a acheté un smoking en peau d’aubergine, un chapeau en radis noir et une canne à sucre. En plus, il a ajouté un papillon à sa tenue, avec l’accord de celui-ci, en guise de nœud papillon !

Où se déroule la cérémonie ? Qui la célèbre ?

À la mairie du jardin. Le maire étant malade, on voit sur l’illustration qu’il est remplacé par le renard. Ce dernier a d’ailleurs l’air impatient que cela se termine…

Que montre l’illustration suivante ?

Nos deux amoureux sont nus, enlacés, dans une assiette, face au renard qui se lèche les babines. Il les a piégés pour les dévorer !

Quel geste accomplit ensuite le renard ?

Il aiguise son couteau et salive à la vue de son futur repas. Dans la lame du couteau, on voit le reflet de nos deux amis qui transpirent à grosses gouttes, persuadés que leur dernière heure est arrivée.

Quel indice nous permet de comprendre que l’histoire va bien se terminer ?

Le ver et l’araignée indiquent que cette histoire d’amour ne finira pas comme Roméo et Juliette, les deux amants ne vont donc pas mourir. Si les enfants ne connaissent pas cette histoire, on pourra l’aborder dans la partie « Jeux/activités », pour approfondir.

À quel retournement de situation assistons-nous ?

Alors que le renard s’apprêtait à croquer la carotte, le lapin la saisit et saute par la fenêtre ouverte avant de disparaître à l’horizon.

Qu’aperçoit-on sur la dernière page du livre ?

À côté du mot « fin », on distingue les enfants du lapin et de la carotte : quatre petites carottes, munies de grandes oreilles et d’une queue.

L’illustratrice

Après une formation de dessinatrice-maquettiste et un diplôme en communication aux Beaux-Arts de Rennes, Delphine Jacquot profite d’un échange Erasmus pour suivre des cours d’illustration à Bruxelles. Ensuite, elle collabore avec différentes maisons d’édition pour la jeunesse et remporte le Grand Prix de l’illustration en 2014