Public

Cycle II (à partir de 6 ans)

Thèmes

Solitude, rencontre, amitié, sentiments, double

Résumé

Louise a l’air fière et forte, comme une petite guerrière. Mais cette force proclamée cache en réalité une grande solitude et un mal-être profond. Louise se protège comme elle peut, elle rêve, cherche refuge auprès de la nature et pleure aussi… Elle va faire la rencontre d’une autre Louise et c’est enfin la fin de l’isolement, la force réelle d’une amitié et, à travers elle, la possibilité de vivre une vie heureuse.

Jeux/activités
(à adapter en fonction de l’âge et de l’intérêt des enfants)

Laisser les élèves observer la couverture pour qu’ils repèrent les informations essentielles (titre, auteur, éditeur) et la quatrième de couverture.

Qui peut être le personnage ? Que peut-on noter à propos de son apparence ? Pourquoi porte-t-elle un masque d’oiseau ?

À première vue, on peut penser que Louise se cache sous ce grand masque d’oiseau au regard tourné vers le ciel, comme s’il voulait s’envoler. L’attitude figée de la petite fille, les bras le long du corps, traduit un certain mal-être. Pourtant, la force du message délivré par le récit réside dans la personnalité affirmée et les ressources de cette enfant : l’auteure nous expose, sans jamais verser dans le pathos, les souffrances de Louise, ses faiblesses, mais également sa combativité et sa volonté d’être heureuse malgré tout – elle sera aidée en cela par une rencontre déterminante. La quatrième de couverture laisse d’ailleurs penser qu’elle y parvient, sans nous dévoiler de quelle manière. (L’oiseau y apparaît seul et sur le point de s’envoler, sans Louise qui n’a plus aucune raison de fuir.)

D’une manière générale, l’utilisation des capitales facilite la lecture mais vient également appuyer la force du propos. Le choix du noir et blanc, dans un style très graphique, poétique et original pour un album jeunesse, vient renforcer ce sentiment et la spécificité de cet ouvrage qui se détache avec subtilité des stéréotypes de genre.

Louise

Compréhension du texte

Comment est décrite Louise ?

« Fière et forte comme une petite guerrière. »

Pourquoi est-elle ainsi ?

L’auteure émet des suppositions sans jamais rien affirmer : les moqueries de ses camarades ? Le dessin de la maison fermée symbolise le besoin de se protéger mais aussi l’isolement et le renfermement sur soi.

Quels éléments de son physique sont décrits ? Semblent-ils être des atouts pour Louise ?

On peut imaginer que sa longue chevelure, qui apparaît comme un atout [on pense immédiatement à la chevelure des princesses de contes de fées], peut en réalité lui servir à se cacher pour fuir le regard des autres. Sa grande taille, souvent synonyme de force dans l’imaginaire des enfants, marque une différence et peut donc être source de complexes pour la fillette.

Deux phrases semblent a priori similaires au début du livre à un détail près, lequel ? Qu’est-ce que cela signifie ?

« Louise était fière et forte comme une petite guerrière »/« Louise avait l’air fière et forte comme une petite guerrière ». L’auteure met ici l’accent sur le caractère parfois trompeur des apparences, auxquelles on a tendance à se limiter. Elles ne définissent ni qui l’on est ni ce que l’on ressent. Sur l’illustration en regard, notre héroïne apparaît de dos, au sommet d’une montagne, comme si elle venait chercher le réconfort ou l’apaisement dans la nature mais aussi dans l’isolement.

Que fait Louise en cachette ?

Elle pleure. Les failles et faiblesses du personnage sont exposées. La représentation poétique de Louise dans la tasse ne laisse pourtant aucune place au pathos.

À quoi rêve-t-elle ?

Elle rêve de fuir en suivant la route des hirondelles. Encore une fois, la connexion de Louise avec la nature est évoquée. Par ailleurs, les enfants ont-ils noté qu’il s’agissait de l’illustration de couverture ? Il peut être intéressant de revenir sur les suppositions qu’ils avaient faites au départ. Avaient-ils vu juste ?

Que fait Louise lorsqu’elle se sent seule ?

Elle parle aux arbres : une fois de plus, la nature est son refuge, un rempart contre sa solitude.)

Quel élément vient changer la vie de Louise ? (L’arrivée d’une autre Louise, son alter ego.

À quoi ressemble cette petite fille ?

Elle est à l’opposé de notre héroïne : cheveux courts et bruns. Cependant, on peut noter l’imprimé du pull de la nouvelle Louise, qui rappelle les plumes de l’oiseau. Est-ce un hasard ou cela a-t-il une signification ?)

Que se passe-t-il ensuite ? (Elles deviennent amies malgré leurs différences apparentes, sans raisons particulières. Cette différence est renforcée par l’illustration en miroir de leurs jambes et pieds en mouvement.

Que partagent-elles ?

Elles se racontent leurs peurs et leurs joies. On constate sur l’illustration que la maison de Louise est désormais ouverte et qu’elle emmène sa nouvelle amie sur le toit, lieu qu’elle choisissait habituellement pour s’isoler.

Que se disent-elles ?

Personne ne le sait. L’auteure choisit ici de préserver l’intimité des personnages avec beaucoup de délicatesse. On peut d’ailleurs noter l’absence de dialogues dans cet ouvrage. Dans cette idée, l’illustration nous montre les deux fillettes qui échangent un regard intense, comme si la force de leur amitié et de leur complicité leur permettait de faire abstraction du langage pour communiquer.

Qu’ont-elles fait ensemble ?

Elles ont ri, pleuré « mais cela ne regarde qu’elles ». L’auteure indique qu’elles ont traversé différentes épreuves ensemble mais sans donner plus de détails. Ce n’est finalement pas ce qui importe et on reste focalisé sur les thèmes majeurs : la rencontre, l’amitié, la force des sentiments.

Comment apparaît notre héroïne sur l’avant-dernière page ?

Louise sourit, elle a l’air heureuse. Le soleil brille au-dessus d’elle. La montagne est représentée sur sa tête, la nature est toujours présente, comme un élément essentiel à son équilibre.

Comment sont représentées nos deux amies sur la dernière page ?

Elles semblent détendues, sereines, se laissant porter par l’eau sur ce qui ressemble à un radeau. On note que leur regard est tourné dans la même direction. On peut imaginer que la solidité de leurs liens leur permet d’envisager l’avenir avec confiance. Elles savent désormais qu’elles peuvent tout surmonter à deux et n’ont donc plus rien à craindre. Par ailleurs, on note sur cette double-page la disparition du cadre noir présent dans la totalité de l’ouvrage, symbole d’une liberté nouvelle.

L'auteure

Née en 1972, Stéphanie Demasse-Pottier a fait des études littéraires. Puis, elle travaille en tant que bibliothécaire en section jeunesse et commence à écrire en parallèle. Elle vit en région parisienne et publie des albums chez différents éditeurs.

Avant la
lecture

Laisser les élèves observer la couverture pour qu’ils repèrent les informations essentielles (titre, auteur, éditeur) et la quatrième de couverture.

Qui peut être le personnage ? Que peut-on noter à propos de son apparence ? Pourquoi porte-t-elle un masque d’oiseau ?

À première vue, on peut penser que Louise se cache sous ce grand masque d’oiseau au regard tourné vers le ciel, comme s’il voulait s’envoler. L’attitude figée de la petite fille, les bras le long du corps, traduit un certain mal-être. Pourtant, la force du message délivré par le récit réside dans la personnalité affirmée et les ressources de cette enfant : l’auteure nous expose, sans jamais verser dans le pathos, les souffrances de Louise, ses faiblesses, mais également sa combativité et sa volonté d’être heureuse malgré tout – elle sera aidée en cela par une rencontre déterminante. La quatrième de couverture laisse d’ailleurs penser qu’elle y parvient, sans nous dévoiler de quelle manière. (L’oiseau y apparaît seul et sur le point de s’envoler, sans Louise qui n’a plus aucune raison de fuir.)

D’une manière générale, l’utilisation des capitales facilite la lecture mais vient également appuyer la force du propos. Le choix du noir et blanc, dans un style très graphique, poétique et original pour un album jeunesse, vient renforcer ce sentiment et la spécificité de cet ouvrage qui se détache avec subtilité des stéréotypes de genre.

L'illustratrice

Née en 1985, Magali Dulain vit et travaille à Lille. Son travail est souvent primé (la Bologna Children’s book fair en 2011). Depuis 2013, elle a illustré quatre albums pour différentes maisons d’édition et dessine aussi pour la presse.