Laisser les enfants observer la couverture pour qu’ils repèrent les informations essentielles (titre, auteur, éditeur).

Puis, les laisser émettre des suppositions : qui sont les personnages ? (On voit deux petites filles : l’une est brune, l’autre blonde. Elles sont habillées de la même façon mais dans des couleurs différentes. L’une est assise, l’autre debout. On observe une certaine complémentarité.) Quels peuvent être leurs liens ? (En lisant la quatrième de couverture, on devine qu’elles sont amies et que l’une d’elles est l’auteure de la phrase.) Où peut se dérouler l’intrigue ? (On imagine que l’intrigue va se dérouler dans la nature, avec la présence de fleurs, de feuilles et d’un papillon. Les éléments naturels qui apparaissent très grands, plus que les personnages, laissent d’ailleurs penser que la nature va occuper une place importante dans le récit.) Qu’évoquent les couleurs ? (Les couleurs éclatantes des fleurs et des feuilles, le bleu du ciel indiquent que la scène se déroule au printemps ou en été.)

Grâce à des illustrations à la gouache et à l’acrylique qui s’apparentent à des tableaux, un texte qui se lit comme un poème, Pierre Mornet emporte le lecteur dans une douce rêverie aussi envoûtante qu’étrange. Les barrières qui séparent des notions a priori contraires (blonde/brune, lumière/obscurité, rêve/réalité) s’effacent dans une parfaite complémentarité pour donner naissance à une histoire d’amitié magnifique et atypique, aussi spéciale que ce jour particulier.

Public

Cycle III (à partir de 8 ans)

Thèmes

Amitié, rêve, enfance, anniversaire, mystère

L'Anniversaire

L'auteure/
illustratrice

Résumé

Retomber en enfance… se souvenir d’un fait précis et d’une rencontre marquante ! Que peut-on rêver de mieux que de rencontrer sa future meilleure amie le jour de son anniversaire ? « C’est l’amie dont je rêvais, je suis l’amie qu’elle attendait. » Cependant, cette belle rencontre a un prix très élevé… les petites filles ne pourront pas se revoir sauf avec l’accord de la Reine de la nuit. Que décidera cette dernière ?

Avant la
lecture

Compréhension du texte

Quel personnage apparaît sur la première illustration ? Dans quelle situation se trouve-t-elle ?

Une femme brune, allongée, qui flotte au-dessus du sol. La frontière entre rêve et réalité est floue et elle ne sait plus où elle se trouve.

Quelle indication nous donne la double-page suivante ? L’illustration nous montre que la femme est retombée au sol, au plus près des fleurs. Son œil est à demi clos, et le texte vient confirmer qu’elle est sur le point de s’endormir.

Que va permettre cet endormissement ?

Il est l’occasion de se plonger dans ses souvenirs d’enfance.

Qui apparaît sur l’illustration suivante ? Comment le sait-on ?

La femme mais lorsqu’elle était petite fille. Elle est dans la même position mais les yeux grands ouverts, cette fois. Le texte vient confirmer que cette image d’elle enfant correspond à un souvenir de la femme adulte. Les coquelicots sont toujours présents, mais aux côtés d’autres fleurs plus imposantes. Par ailleurs, on note que c’est sans doute cette petite fille qui apparaît en couverture du livre.

De quoi se souvient-elle plus précisément ?

Trois de ses sens sont en éveil : elle se souvient de l’air parfumé, de la saison, des couleurs. Son souvenir se déroule le jour de son anniversaire, elle est en compagnie de deux amies. Les coquelicots sont toujours présents et viennent nous confirmer par un jeu d’échelle la petite taille des enfants.

À quel jeu décident-elles de jouer ?

À cache-cache. On les voit se lever et se disperser.

Où se cache notre héroïne ? Que traduit le changement de couleurs de l’illustration ?

Dans la forêt. L’ambiance de cette forêt se fait inquiétante. Les couleurs sont plus sombres, les arbres sont grands et imposants, ils cachent en partie les animaux.

Quelle phrase nous indique que la petite fille s’est enfoncée au fin fond des bois ?

Elle a couru « jusqu’à ce que toutes les voix se taisent ».

Quel élément attire ensuite son attention et la pousse à s’enfoncer plus loin dans les bois ?

« Un petit arbre dont les fleurs brillent comme des étoiles. »

Quel événement survient ensuite ?

La pluie commence à tomber et un orage éclate. La petite fille se réfugie dans le tronc d’un arbre.

Alors que les éléments se déchaînent, où est emmenée notre héroïne ? Où sont ses amies ?

Vers les ténèbres. Elle est seule et ignore où sont passées ses amies.

Quel personnage apparaît à la page suivante ? Quelle est l’atmosphère ?

La Reine de la nuit. Tout s’assombrit encore, devient inquiétant, comme le regard de cette femme. Puis vient le noir absolu quand la petite fille ferme les yeux.

Où se trouve-t-elle quand elle ouvre les yeux ?

Sur la cime d’un arbre, vers laquelle le déluge l’a portée.

Est-elle toujours seule ?

Non, elle est en compagnie d’une petite fille blonde, celle de l’illustration de couverture du livre.

Qui est la fillette blonde ? Que lui permet sa blondeur ? L’amie dont elle rêvait, prisonnière de la Reine de la nuit qui a fait d’elle une étoile solitaire. L’or de ses cheveux blonds la fait briller dans le ciel la nuit.

Est-elle totalement seule ?

Seuls les oiseaux lui tiennent compagnie. Les deux fillettes aimeraient d’ailleurs être inséparables comme deux d’entre eux, dont le plumage est assorti à leurs robes.

Que se passe-t-il quand la nuit tombe ?

Arrive le temps de se séparer.

Acceptent-elles la situation ?

Non, l’héroïne décide d’aller trouver la Reine pour remédier à cela. Un oiseau sera son guide et elle promet à son amie de revenir.

Comment se déroule le périple ?

L’ambiance se fait étrange, inquiétante, les paysages traversés sont « obscurs et fantastiques » à mesure qu’elle s’enfonce dans la nuit. On voit la petite fille sur une barque qui navigue sur des eaux troubles. Des rochers noirs se dressent en arrière-plan.

Armée de courage, que propose la fillette à la Reine lorsque cette dernière apparaît telle une géante ?

De lui offrir ses rêves en échange de temps passé avec son amie.

La Reine accepte-t-elle ?

Contre toute attente, la Reine se montre généreuse et permet aux deux amies de se revoir une fois par an, le jour de l’anniversaire de notre courageuse héroïne, sans rien demander en retour.

La Reine prend-elle sa décision seule ?

Non, elle se tourne vers quatre figures féminines tapies dans l’ombre pour leur demander leur approbation. Ces « Princesses de la nuit » et « Gardiennes de l’ombre » masquées – trois femmes et une enfant – acceptent.

Quel geste effectue ensuite la Reine et quelle conséquence a-t-il ?

La Reine effleure l’eau avec son pied et cela crée un tourbillon qui entraîne la fillette et l’oiseau.

Notre héroïne parvient-elle à s’en sortir ?

Oui, elle sort de l’eau et court sans se retourner, toujours suivie de son fidèle oiseau.

Que fait-elle ensuite ?

Elle s’allonge sur l’herbe et s’assoupit, épuisée par toutes ces aventures. On retrouve les coquelicots du début.

Que dire de la double-page suivante ? Qu’est-ce que l’auteur a voulu dire ?

On retrouve le texte et une illustration du début du livre. On peut y voir l’image d’un cycle qui recommence.

Cette impression est-elle confirmée par la dernière double-page ?

Oui, c’est à nouveau le printemps, l’anniversaire de l’héroïne et les deux amies sont réunies. Le fond de l’illustration est clair et la fleur blanche du début apparaît.

Mots/

expressions qui peuvent poser problème 

« irréel », « pastel », « vaste », « courir à perdre haleine », « cimes », « obscurcir », « s’abattre », « se déchaîner », « ténèbres », « fixement », « solitaire », « inséparables », « décliner », « se résoudre », « aux confins », « songes », « exception », « effleurer », « tumulte », « clameur », « lasse ».

Jeux/activités
(à adapter en fonction de l’âge et de l’intérêt des enfants)

- On peut proposer aux enfants une discussion sur le rêve et la réalité en s’appuyant sur la citation de Gérard de Nerval qui apparaît au début de l’album : « Le rêve est une seconde vie. » Comment la comprennent-ils ?

- Pourquoi ne pas travailler sur le champ lexical de la lumière et de l’obscurité ? On peut repérer les nombreux mots et expressions du texte qui s’y rapportent. (Et bien sûr, expliquer la notion de champ lexical si besoin.)

- Les enfants pourront représenter un de leurs rêves ou cauchemars grâce à la technique de leur choix : dessin, collage, etc. On peut leur proposer le même exercice pour représenter leur journée d’anniversaire idéale. Ou un souvenir qui les a profondément marqués et dont ils pensent encore se rappeler à l’âge adulte.

- Dans les cultures amérindiennes, les rêves occupent une place très importante. Ils sont perçus comme des messages du subconscient ou des tentatives de communication venues d’un esprit supérieur. Ils auraient le pouvoir de prédire l’avenir et de nous guider. Pour retenir les bons éléments des rêves et laisser s’échapper les mauvais, il existe des attrape-rêves. On peut proposer aux enfants d’en créer un, après leur avoir expliqué son utilité (un exemple ici